Sur les chemins d’Augustin Lesage (1876-1954) : l’exposition-parcours

Cette exposition-parcours Sur les chemins d’Augustin Lesage (1876-1954) est conçue en 2026 à l’occasion de la Biennale des arts visuels « Les mondes invisibles : d’Augustin Lesage à aujourd’hui » organisée par la Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane avec le concours des villes d’Auchel, Burbure et Ferfay et de la commissaire d’exposition Lydia Szafulski.

Le parcours comprend 10 étapes réparties sur les communes d’Auchel, Burbure et Ferfay. Chaque panneau d’exposition est autonome, il n’y a pas de sens de visite.
Retrouvez à chaque étape des ressources et informations complémentaires.

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En 1927, Augustin Lesage est invité par le directeur de l’Institut Métapsychique International de Paris, le Dr Osty, à venir peindre « sous contrôle ». À cette occasion, il réalise des entretiens avec l’artiste.

Dr Osty : Parlez-moi de votre famille
Augustin Lesage : J’avais un frère qui est mort à 24 ans et une sœur qui est morte à 3 ans. Ils n’avaient rien de particulier. On n’avait jamais entendu parler de peinture dans ma famille et on n’avait jamais entendu parler de spiritisme. Tout le monde a été contre moi. Tout le monde m’a jeté la pierre.

DO : Dans votre famille, aucun membre n’avait un don de dessin ou de peinture ?
AL : Mes parents étaient mineurs, aussi bien du côté de mon père que du côté de ma mère. J’ai cherché dans ma famille, aucun descendant de mes ancêtres n’a jamais été peintre. C’est une famille ancienne de mineurs d’un côté et de l’autre. Mon père et mon grand-père ont fait cinquante ans de mine.

DO : Votre mère n’avait jamais de pressentiments ou de rêves prémonitoires ou rien de ce genre ?
AL : Non jamais. Elle est morte à 37 ans d’un cancer de la lèvre dont elle a beaucoup souffert.

Dr O : Et votre père ? 
AL : Mon père non plus, absolument rien. Il est mort à 65 ans. C’était un vieux mineur.
 

© Isabelle Maniez        

Les peintures d’Augustin Lesage mais également de Victor Simon et Fleury-Joseph Crépin associent des influences et motifs d’origines chrétiennes, hindoues, orientales ou encore inspirées de l’Égypte antique. Leurs créations portent la trace d’une minutie et d’une finesse impressionnantes.

 

Fleury Joseph Crépin (1875-1948)

Fleury Joseph Crépin, le 8 février 1875 à Hénin-Liétard et mort le 10 novembre 1948 à Montigny-en-Gohelle, est un peintre d’art brut.

Il exerce la profession de serrurier, puis de plombier-zingueur, avant de s’établir comme quincaillier à Montigny-en-Gohelle en 1901. Passionné de musique, il compose des partitions pour la fanfare municipale.

À partir de 1930, il se découvre des dons de sourcier et de guérisseur, et s’initie au spiritisme.
En 1938, alors qu’il recopie de la musique, sa main cesse de lui obéir et se met à dessiner.
En 1939, il entend des « voix » qui l’enjoignent de peindre, le persuadant que la fin de la guerre coïncidera avec son 300ème tableau et qu’après 45 autres tableaux, dits « merveilleux », le monde sera définitivement pacifié.

Du début à la fin du conflit, Crépin peint avec une constante application. Le 7 mai 1945, veille de la capitulation allemande, il achève le tableau numéro 300.
Jusqu’à sa mort en 1948, soit en dix ans, Fleury Joseph Crépin aura réalisé, de nombreux dessins, près de 400 huiles sur toile et 43 des 45 tableaux « merveilleux ».
 

Victor Simon (1903-1976)

Victor Simon, né le 23 janvier 1903 à Bruay-la-Buissière et mort le 31 décembre 1976 à Arras, est un médium et un peintre d’art brut.

Fils de mineur, il obtient son certificat d’étude en 1915 et commence aussitôt à travailler à la mine comme graisseur de berlines. En 1926, il obtient un poste dans les services de comptabilité des mines, qu’il quitte en 1930 pour tenir un café-tabac à Fouquières-lès-Lens.

Victor Simon s’intéresse très jeune à la religion. En 1933, il reçoit un message médiumnique qui l’amène à réaliser sa première toile monumentale, de deux mètres sur quatre intitulée Résurrection.

Il est nommé Président d’honneur du Cercle de Spiritualisme Expérimental et Scientifique de Paris en 1947. La même année, il fonde le journal Forces Spirituelles dont il restera directeur jusqu'à sa mort.

De 1933 à 1972, Victor Simon a peint des centaines de petites toiles et une dizaine de grandes. Elles sont toutes composées comme une page d'écriture, de haut en bas et de gauche à droite. Les couleurs sont posées selon un procédé proche du pointillisme, les gouttes de couleur pure dessinant des figures géométriques, des arabesques, des hiéroglyphes, parfois des figures humaines, et des symboles d'inspiration égyptienne, hindou, byzantine.

Souvent exposées, Victor Simon n'a jamais vendu ses toiles.

Avec son ami Ambroise Lecomte, Augustin Lesage se rend à l’Institut psychosique de Sin-le-Noble près de Douai, ou l’on pratique le guérissage selon les théories spirites. Il signe ses premiers dessins médiumniques du prénom Marie, sa benjamine morte à l’âge de trois ans.
Il se procure les ouvrages Après la mort et Jeanne d’Arc médium de Léon Denis, maître à penser du mouvement avec Allan Kardec. Après ces lectures, un petit groupe d’amis se forme pour expérimenter le spiritisme.

L’histoire du spiritisme à principalement commencé au XIXe siècle, mème si de tout temps le travail de deuil a donné envie aux populations de communiquer avec les défunts.

En 1848, aux États-Unis les sœurs Kate et Margaret Fox sont les filles d’un pasteur méthodiste. Elles racontent à leur père qu’un esprit tape dans les murs de leur chambre et entre en communication avec elles. Le pasteur Fox invite alors ses voisins et les notables de la ville afin de participer à ces incroyables expériences. Les journaux s’emparent de l’affaire : le fait divers devient un véritable phénomène de société. Les sœurs Fox se consacrent alors à la médiumnité en faisant payer les séances. À l’époque, les tables tournantes sont à la mode et de nombreuses personnes se lancent dans l’expérience de contact avec l’au-delà.

En 1857, en France, Allan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Rivail, publie Le livre des Esprits. Dans cet ouvrage, il codifie les pratiques existantes, comme les tables tournantes. Il en fait une véritable doctrine reposant sur l’existence des esprits, la communication médiumnique et la réincarnation.

Le spiritisme connaît alors un succès important, il touche aussi bien les milieux populaires que les élites intellectuelles comme Victor Hugo, Alexandre Dumas, Sir Conan Doyle…

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la région fortement industrialisée est marquée par une culture populaire riche en croyances et traditions (guérisseurs, rebouteux…). Ces traditions favorisent l’implantation du spiritisme, qui apparaît comme une forme plus structurée et modernisée des croyances anciennes.

Malgré l’aveu de leur supercherie par les sœurs Fox et la condamnation du spiritisme par l’Église catholique et par la science, le spiritisme perdure et s’organise en différents mouvements.

Ecoutez le podcast de Radio France : 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-esprit-es-tu-la-essor-et-declin-du-spiritisme

Esprit, es-tu là ? Essor et déclin du spiritisme
Par Mathias Le Gargasson
Esprit, es-tu là ? De l’affaire des sœurs Fox à la philosophie spirite d’Allan Kardec, 11 épisodes radiophoniques retracent l’histoire du spiritisme, ses pratiques et ses grandes figures. Face à la primauté du scientisme, le désir humain de communiquer avec l’au-delà continue d’émerveiller.

 


 

 

En 1927, Augustin Lesage est invité par le directeur de l’Institut Métapsychique International de Paris, le Dr Osty, à venir peindre « sous contrôle ». À cette occasion, il réalise des entretiens avec l’artiste.

Dr Osty : Quels sont vos guides ? 
Augustin Lesage : Pour les premiers messages et les premiers dessins, je vous ai dit que c’était ma sœur Marie. Ensuite, à partir de la peinture à l’huile, ce fut Léonard de Vinci. Depuis 1925, c’est Marius de Tyane : il m’a inspiré les trois toiles reçues au Salon.


Voici la succession chronologique des différentes signatures apparaissant sur les toiles d’Augustin Lesage :

1912 : Marie (dessins et peintures sur papier)
1913-1914 : pas de signature (première toile)
1914-1925 : Toiles : Léonard de Vinci (peintures)
1925-1926 : Médium Lesage, sous-entendant Marius de Tyane (peintures)
Après 1926 : Il signera de son nom Augustin Lesage

 


Les premiers dessins d’Augustin Lesage, signés « Marie »

« Jamais il ne m’est arrivé, avant de peindre une toile, d’avoir une idée de ce qu’elle serait. Jamais je n’ai eu une vision d’ensemble d’un tableau à n’importe quel endroit où j’en étais de son exécution.
Un tableau se fait détail par détail sans que rien ne m’en vienne préalablement à l’esprit. Mes guides m’ont dit : « Ne cherche pas à savoir ce que tu fais. »
Augustin Lesage

 

Fin 1912, Augustin débute la réalisation de sa première toile. Il y chaque soir après sa journée de travail à la mine. Cette œuvre immense de 300 x 300 cm domine le parcours artistique de Lesage : elle en est l’un des chefs d’œuvres qui témoigne de la qualité de son don et de sa manifestation naissante.

Cette première œuvre interroge la notion de « savoir sans avoir appris ». En effet, Augustin Lesage peint cette toile sans plan ou projet préalable, en procédant par accumulation de microéléments. Un an de travail assidu sera nécessaire pour terminer l’œuvre.

Constituée en quatre parties, la toile présente des constructions architecturales imaginaires, finement ouvragées au petit pinceau, où foisonnent des nuances colorées subtiles et des motifs décoratifs exotiques.

Cette peinture a fait partie de la collection constituée par l’artiste Jean Dubuffet, inventeur du concept d’art brut. Ce fonds a été légué à la ville de Lausanne en 1971. Depuis l’ouverture de la Collection de l’Art brut, en 1976, l’œuvre d’Augustin Lesage est exposée de manière permanente. Chef-d’œuvre du musée, la toile n’est jamais prêtée.

 

En 1927, Augustin Lesage est invité par le directeur de l’Institut Métapsychique International de Paris, le Dr Osty, à venir peindre « sous contrôle ». À cette occasion, il réalise des entretiens avec l’artiste.

Augustin Lesage : Je tiens à vous dire que je suis arrivé à un tel degré d’évolution que je sens mes guides tout le temps près de moi. J’aime le calme et la solitude pour cela. Quand je peins je me sens dans une ambiance tout autre. J’entends des sons de cloches harmonieux… cela me paraît loin et près… Et je les entends dans le calme, quand je suis au tableau.

Dr Osty : Il vous arrive de peindre sans ces sons de cloches ?
Augustin Lesage : Quand il y a du bruit ça les supprime. Quand on passe dans mon atelier tout est supprimé, on dirait qu’on coupe quelque chose. Aussi je vous dis que j’aime la solitude et le calme et être seul devant mon tableau, et alors quelle harmonie !! Je rentre comme dans une extase...tout est vibration on dirait que l’on me transporte…

Dr O : Est-ce que vous avez cela au commencement du tableau ou quand le tableau est arrivé à un certain degré ?
AL : Cela n’a pas d’importance. Je l’ai dans le calme absolu.

Dr O : Quel genre de son de cloches ? Cela dure pendant plusieurs heures ?
AL : Des cloches, un carillon harmonieux… on me transporte… et cela dure pendant tout mon travail si je suis seul chez moi et qu’il n’y a aucune vibration autre, les vibrations coupent… 
Si je peins pendant six quart d’heures, cela dure pendant tout mon travail… et si je suis bien dans l’extase et que je sois coupé par des vibrations de la route, ou des bruits cela m’arrête.

Dr O : Vous avez une sensation de bien-être ?
AL : Oh ! La la ! Quelle joie, quelle ambiance. Cela ne peut pas s’exprimer...
 

Voici une retranscription de l’acte de donation d’Augustin Lesage à la commune de Burbure :

Séance du 16 février 1951

Le conseil municipal s’est réuni le 16 février 1951 à 19 heures au lieu ordinaire de ses séances, sous la présidence de Monsieur Dubois, Maire, en suite de convocation en date du 12 février 1951, dont un exemplaire a été affiché sur la porte extérieure de la mairie.

Étaient présents Messieurs Pecqueur, Penel, Delobelle, adjoints. 
Messieurs Vest, Lecras, Vennin, Cotentin, Dubois Victoric, Dave, Denisselle, Toubois, Hocq.
Madame Vamberg, Messieurs Cavignaux, Berrier, Raquan, Becquart
Absents excusés : Messieurs Delerue, Cachera et Decroix

Monsieur Toubois, élu secrétaire de séance, donne lecture du procès-verbal de la précédente assemblée, qui est adopté sans observation.

Don d’un tableau à la commune par Augustin Lesage
Monsieur le Maire expose que Monsieur Lesage Augustin, artiste peintre qui a offert un tableau à la commune en 1941 sous certaines conditions, est venu le prier d’aller choisir un tableau parmi sa collection. Il est demandé à l’assemblée de vouloir bien désigner quelques-uns de ses membres pour l’accompagner.
Le conseil est d’avis que Messieurs les adjoints accompagnent Monsieur le Maire qui est mandaté pour remercier le généreux donateur au nom du Conseil municipal.
Par ailleurs, le Conseil s’oblige à faire respecter l’engagement pris par le Conseil municipal le 19 mai 1941 aux termes duquel le tableau offert doit être placé dans la salle de mairie, qu’il ne pourrait être retiré ou vendu. La non-observation de cet engagement devant entraîner, de droit, le retour du tableau à l’auteur ou à ses héritiers.
Il décide en outre que la pose aura lieu ultérieurement en présence de Monsieur Lesage.


Aujourd’hui, la commune de Burbure possède trois tableaux d’Augustin Lesage. Ils sont exposés dans la salle du Conseil.
 

En Égypte, Augustin Lesage découvre la vallée des Reines et, un peu à l’écart d’un petit village, le tombeau de Menna récemment mis au jour.

Augustin Lesage reconnaît alors parmi les fresques un fragment de son tableau peint à Burbure avant son départ. Stupéfaction, bonheur, « … Et la joie, une joie immense m’envahissait, comme la joie d’un exilé qui retrouve son village. J’étais soulevé d’enthousiasme, un vif-argent coulait dans mes veines, je respirais dans ce tombeau un air pur, tout chargé d’amitié et, peu à peu, se gravait en moi, en traits ineffaçables, ce souvenir si émouvant, cet élément le plus nettement important de tout ce que j’ai vu dans ma vie, pourtant si fertile en surprise. ».

Aux dires de l’archéologue présent, ce tombeau découvert depuis à peine deux ans, est peu connu et a été jusque-là peu visité. Il tient à signaler, pour répondre aux questions des voyageurs, qu’aucune reproduction ne peut exister en Europe de cette fresque. Ceci exclut pour le savant l’hypothèse qu’elle ait pu être copiée ou reproduite inconsciemment d’après un souvenir.

 

Les « deux manières » de peindre d’Augustin Lesage

De 1921 à 1927, le minéral et les architectures dominent les toiles d’Augustin Lesage : lanternons, dômes, nefs se découpent sur la surface de la toile. Les visages semblent quasi absents. En réalité, il s’en cache de minuscules çà et là, ainsi que des oiseaux très géométrisés. En outre, par le jeu des lignes et des volumes créant un effet d’optique, des personnages et des masques sortent de la toile comme des projections hallucinatoires.

De 1927 à 1930, la seconde manière rappelle davantage la moitié supérieure de la première toile et donne plus libre cours aux efflorescences, aux visages aux courbes, aux couleurs chaudes. Elle s’affranchit de la symétrie, exploite une nouvelle technique picturale en donnant priorité à des touches grasses, empâtées, juxtaposées, au contraire du fait lisse et transparent des débuts.

Occupant la toile à en repousser les limites, les formes rondes et ovales se mettent à enfler et bourgeonner, comme débarrassées du carcan des lignes et s’épanouissent en plumages chatoyants, soulignés par la touche de peinture.

On voit apparaître des formes d’oiseaux très nombreuses et des visages de plus en plus présents jusqu’à occuper le centre mème de la toile. Les tons purs se raréfient pour laisser place aux roux, bruns, mauves. Si la symétrie est moins présente, on remarquera que les registres horizontaux restent clairement déterminés.

Cette manière de peindre semble se tarir dès 1929. Toutefois, on en perçoit l’écho pendant quelques années encore. Des motifs aviformes couronnent un moment les tabernacles géométriques qu’affectionne Lesage dans les années 1930-1932. Des halos de flammèches, de moins en moins importants, cernent jusqu’en 1932 les motifs égyptiens et autres que le peintre introduit à partir de 1929-1930.
 

Introduction des figures


À partir de 1930, si la technique ne change pas, l’écriture évolue. Des figures mythologiques et diverses envahissent les toiles. Ainsi que le remarque le Docteur Osty dès 1928 « La lecture des livres spirites a fortement imprégné l’âme simple de Lesage et y a développé un mysticisme ouvert à toutes les croyances ».

Augustin Lesage intègre aux architectures des personnages et crée des codes formels avec en fond sa technique décorative. Il introduit ces citations dans une technique d’écriture désormais bien rodée. L’étude du corpus se révèle d’un certain intérêt. Dans les premières années, les choix sont très divers. On trouve, dans le registre confessionnel, Bouddha, Confucius, des motifs chrétiens et égyptiens, grecs ou romains soulignant le souhait de religion universelle que prône Augustin Lesage. S’y mêlent des éléments divers : actrices ou chanteuses, poissons, vases, etc.

L’Égypte est la source d’inspiration majeure de l’artiste. Les éléments en sont les plus nombreux sur les toiles « mixtes » des années 1930-1932, puis vers 1935-1936 et sont dès lors omniprésents et quasi uniques jusqu’à ce que les compositions géométriques retrouvent une place prépondérante dans les années 1942/43 -1947.

Augustin Lesage a ses codes, ses règles, ses hiérarchies de personnages. On peut supposer qu’ils renvoient à des significations particulières de la mème manière que le peintre compose ses toiles selon des nombres et des rythmes. Certains motifs n’apparaissent qu’une ou deux fois ; d’autres éléments, par goût personnel ou pour la valeur allégorique ou symbolique que Lesage leur prête, reviennent fréquemment.

Tout en développant des motifs figurés, Augustin Lesage continue de peindre des compositions décoratives. Celles-ci deviennent très chatoyantes dans les années 1936. Leur architecture évoque le vitrail. Des empâtements légers font ressortir des points de couleurs posés çà et là, renforçant le caractère précieux. Augustin Lesage n’utilise quasiment plus que des tons purs. Son goût s’affirme pour les couleurs éclatantes (rouge, rose tyrien, jaune vif) vers 1944-45 qu’il alterne parfois avec des toiles aux tons pastel.

Jusqu’aux dernières œuvres, les couleurs sont vives et gaies, les motifs se simplifient. À la fin de sa vie, Augustin Lesage connaît de graves problèmes oculaires et a de plus en plus de difficultés à peindre. La dernière œuvre date de 1952.